Homme torse nu de dos, appuyé à la rambarde d'un balcon en bois

Sa version : la terrasse

Récit de fiction. La même nuit que dans « Le week-end qui a tout changé », racontée par Marc. À lire après la partie 1 : Le week-end qui a tout changé.

Je vais vous dire la vérité : c’est moi qui ai trouvé ce complexe, et pendant tout le vol, j’ai regretté.

Pas parce que je ne voulais pas. Parce que j’avais peur qu’elle découvre quelque chose qu’elle aimerait plus que moi.

Sur la terrasse de Sofia et Léo, avec les lanternes et le champagne, je me suis adossé à la rambarde pour avoir l’air détendu. Je ne l’étais pas. J’observais tout. J’ai vu Léo regarder la mer pendant que Sofia trinquait « à la première fois ». Il ne la regardait pas, elle. Je me suis dit que ce n’était rien.

Puis Sofia a touché l’épaule de Julie. La bretelle a glissé. J’ai vu la dentelle noire, celle qu’elle ne m’avait pas montrée, et j’ai compris qu’elle l’avait achetée pour ce soir. Pour ce moment-là. Neuf ans que je croyais tout savoir d’elle.

C’est là que ça m’est tombé dessus. Pas la jalousie. La fierté. Ma femme, sous les lanternes, que deux inconnus regardaient comme si elle était la plus belle chose de l’île. Et elle l’était.

Quand elle a traversé la terrasse pour m’embrasser moi d’abord, j’ai failli pleurer. Je ne le lui ai jamais dit.

Ensuite, Sofia m’a embrassé. Et pendant une seconde, j’ai oublié de chercher Julie des yeux. Une seule seconde. Quand je l’ai retrouvée, elle me regardait, et dans son regard il n’y avait pas de reproche. Il y avait du feu.

J’ai tendu la main. Elle l’a prise. Je me suis promis de ne jamais la lâcher plus longtemps que cette seconde-là.

Devant la porte, je lui ai dit : « Peu importe ce qui se passe. C’est toi. » Elle a cru que c’était pour la rassurer.

C’était pour me rassurer moi.

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